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Le Salon du livre de Montréal révèle aujourd’hui les 10 titres toujours en lice de la troisième édition du Prix littéraire Janette-Bertrand. Bénéficiant du soutien de Télé-Québec et la SODEC, ce prix vise à promouvoir l’ouverture à l’autre et l’inclusion et reconnaît le rôle des œuvres littéraires québécoises et de la francophonie canadienne dans l'avancement d'enjeux de société tels que l'égalité des sexes, l'autonomie des femmes et la lutte contre les violences de genre. La remise du prix aura lieu le 25 novembre 2026 au Palais des congrès de Montréal, en présence de Madame Janette Bertrand et de Madame Pauline Marois, qui préside le jury pour une troisième édition.

🎉 Voici les 10 titres de la liste préliminaire retenus par le jury:

📚Bon marché de Stéphanie Michaud, publié chez les Éditions Hashtag, réunit onze nouvelles autour d'une épicerie fictive où se croisent des femmes marquées par l'anorexie, le deuil, l'infertilité, la monoparentalité, l'agoraphobie ou la violence. À travers des gestes et objets du quotidien, le recueil révèle des vies féminines invisibles, rappelant que les apparences trompent et que le bonheur n'a pas de définition unique.

📚Cindy_16 de Louis-Daniel Godin, publié chez La Peuplade, suit un narrateur qui apprend la mort de Marc-Alain, un homme avec qui il a vécu à dix-sept ans, alors que celui-ci en avait trente-sept. Il revisite cette relation en découvrant les crimes de cyberprédation dont Marc-Alain s'est rendu coupable sous le pseudonyme « Cindy_16 ». Par une écriture elliptique, le roman explore l'emprise, la honte et les zones grises du traumatisme et du désir.

📚Crue de Jean-Paul Eid et Claude Paiement, publié chez La Pastèque, met en scène Germain Cliche, cinéaste québécois célébré dont le dernier film est finaliste aux Oscars, mais dont le nom figure aussi sur une liste d'accusations d'agressions sexuelles. En écho au mouvement #MeToo, la bande dessinée explore la mécanique de l'impunité et interroge la complicité collective face au silence entourant une icône.

📚Fille-mère d’Ingrid Falaise, publié chez Libre Expression, raconte l’histoire de Marie, une jeune fille de quatorze ans qui découvre qu’elle est enceinte à l’aube de la Révolution tranquille. Envoyée dans un couvent, on lui arrache son nom, sa dignité et finalement son enfant. Inspiré de faits vécus, le roman met en lumière la honte comme instrument de contrôle social et tend vers une guérison collective pour les victimes de ce système.

📚Implosion de Laurence Florisca Rivard, publié chez Héliotrope, suit le bouleversement vécu par la mère, le meilleur ami et l'amoureuse d'un jeune joueur de tennis dénoncé publiquement par trois femmes pour agression sexuelle. Sans jamais donner la parole à l’accusé, l’histoire explore le déni, la complicité silencieuse et les mécanismes sociaux qui permettent aux violences sexuelles de se perpétrer.

📚Je n'ai personne à qui dire que j'ai peur de Véronique Marcotte, publié chez Québec Amérique, entrelace trois voix féminines : une narratrice en retrait dans les bois, aux prises avec un traumatisme d'enfance et en rémission d’une dépendance; Jade, une mère en fuite avec son fils; et l'inspectrice Lefèvre, qui enquête sur un double meurtre tout en portant son propre secret. Entre polar et autofiction, ce roman féministe refuse de réduire ses personnages à leur statut de victimes.

📚Les orphelines de Sophie Bienvenu, publié chez Le Cheval d'août, raconte l’histoire d’Elsa, qui rend visite à son amie Magda et lui révèle enfin ce qui s’est passé lors de la mort de sa nièce, un an plus tôt. Au fil de sa confession, Elsa revient sur une enfance marquée par l’abandon et l’inceste et tisse sa trajectoire à celle de Magda, séparée des siens durant la Seconde Guerre mondiale. Dans ce roman, la sororité devient le chemin de la reconstruction.

📚Longtemps, se taire de Sylvie Laniel, publié chez les Presses de l'Université de Montréal, est un récit autobiographique fragmenté dans lequel l'autrice, psychologue de soixante-treize ans, brise pour la première fois le silence sur les violences sexuelles subies depuis l'enfance, notamment de la part d'un oncle et d'un prédateur installé dans sa famille lors de l'Expo 67. Organisé en « séances », le récit tisse mémoire traumatique, réflexion féministe et parole retrouvée, entre le silence imposé et la reconstruction de soi.

📚Nous serons un village au cœur de la ville de Florence Sara G. Ferraris, publié chez Atelier 10, est un essai qui démontre comment le modèle de banlieue d'après-guerre a été conçu pour maintenir les femmes dans la sphère domestique, leur imposant ce que l'autrice nomme une « taxe rose ». Alternant chapitres analytiques et scènes autobiographiques, l'ouvrage propose de repenser nos villes en milieux de vie plus inclusifs, favorisant l'entraide et l'autonomie des femmes.

📚Tout cela m'appartient de Virginie Chaloux-Gendron, publié chez les Éditions du Boréal, retrace sur près de dix ans l'histoire d'amour de l'autrice avec le père de son fils, la violence qui a fini par structurer leur vie commune, puis le long processus de dénonciation et la lourdeur des démarches judiciaires qui en découlent. Par une écriture fragmentée et poétique, ce récit devient acte de survie et de réappropriation de la parole.



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Un jury renouvelé pour cette troisième édition du Prix


Le jury, présidé par Pauline Marois, femme politique et première ministre du Québec de 2012 à 2014, est composé de Jeanne Boivin, étudiante au baccalauréat en littératures de langue française à l'Université de Montréal, et de Philippe Fortin, enseignant en littérature au collégial. Deux nouvelles membres se joignent à eux cette année: Marie-Claude Leduc, travailleuse sociale avec une vaste expérience dans le réseau de la santé et des services sociaux, et Jessica Lubino, médiatrice interculturelle et présidente du Conseil interculturel de Montréal depuis janvier 2025.

À votre agenda

Les juré·e·s ont maintenant la responsabilité de sélectionner les cinq œuvres finalistes, qui seront dévoilées à la fin octobre, avant de désigner l'œuvre lauréate. Rendez-vous le 25 novembre au Palais des congrès de Montréal, dans le cadre du Salon du livre de Montréal, pour connaître le nom de l'œuvre lauréate.🏆

Créé par le Salon et les Productions Jacques K. Primeau, le Prix littéraire Janette-Bertrand vise à mettre en lumière des œuvres qui promeuvent l'ouverture, l'inclusion et la justice sociale. Il bénéficie du soutien de Télé Québec et de la SODEC.

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