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Il
n'y a pas d'étranger au Salon du livre; tout le monde y est chez soi,
tout le monde peut y trouver de quoi se divertir et s'instruire, se
connaître mieux, se libérer, voyager dans tous les espaces et dans
tous les temps, rire et pleurer. Le livre touche à tout, il se nourrit
de tout, on peut lui arracher des clés, y trouver un sens à la vie,
à toutes les vies. Peu importe sa forme, ses caractères, ses sujets,
les matériaux dont il est constitué, peu importe qu'il soit électronique
ou de papier, il parle à tout le monde.
La lecture exige cependant un certain effort. Pour qu'un livre parle,
il faut savoir l'écouter, se donner la peine de le feuilleter, avaler
ses mots un à un. En ouvrant un livre, le lecteur part à la rencontre
de l'auteur. Il va bientôt prendre sa place et achever le travail
que celui-ci a commencé. La lecture est une aventure au bout de laquelle
c'est toujours soi-même qu'on découvre.
Le Salon du livre est le seul lieu qui permette aux auteurs et aux
lecteurs de se rencontrer et de parler de leur travail commun. Au
cours des échanges qu'ils ont ensemble, les lecteurs deviennent des
partenaires d'écriture. À travers les questions qu'ils posent aux
auteurs rencontrés, ils influencent très certainement leur travail,
leur style. Ainsi, tout lecteur qui entre au Salon du livre devient,
d'une manière certaine, un auteur.
J'encourage les lecteurs en visite au Salon à parler aux auteurs,
leur dire ce qu'ils pensent de leurs oeuvres, les complimenter, les
critiquer au besoin, les inspirer surtout. Pour que le Salon du livre
soit comme un vaste atelier d'écriture.
Georges-Hébert Germain
