Du 19 au 24 novembre 2008 • 31e édition   • Heures d'ouverture

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Les invités d'honneur au Salon édition 2005

La présidente d'honneur

Micheline Lachance

 
Entrevue

LES Invités d'honneur

HORACIO CASTELLANOS MOYA

RAPHAËL CONFIANT

PIERRE DANSEREAU

YASMINA KHADRA

ALEXANDRA LAROCHELLE

MICHAEL MORPURGO

JEAN-FRANÇOIS SOMAIN

LOUISE TREMBLAY D’ESSIAMBRE


HORACIO CASTELLANOS MOYA
 

 

© Moramay Herrera Kury

Écrire à coups de poing


Entrevue

Ayant fui la guerre civile au Salvador, Horacio Castellanos Moya en relate les horreurs et les contrecoups inévitables dans une œuvre littéraire qui marie humour et violence. On rit froid. Cet écrivain engagé est né au Honduras, en 1957, mais a vécu la majeure partie de sa vie au Salvador. Comme il est difficile d’écrire dans un pays où la littérature n’existe pas, il est aussi journaliste. Du genre à écrire ce que certains pays latino-américains, encore aujourd'hui, souhaitent taire, il est contraint plusieurs fois à s’exiler. Le monde francophone le découvre à la rentrée littéraire de 2003 grâce à la traduction d’El asco. Thomas Bernhard en San Salvador (1997) publié et traduit en 2003, sous le titre Le Dégoût, par la jeune maison d’édition québécoise LES ALLUSIFS et réédité récemment chez 10/18. Ses deux romans suivants, parus en 2004 et en 2005, sont tout aussi remarqués : La Mort d’Olga Maria (La diabla en el espejo, 2000 / finaliste du prix international Rómulo Gallegos), est une fable féroce, à mi-chemin entre le documentaire et la fiction.

 
RAPHAËL CONFIANT
 
 

Français en surface, créole en dedans


Entrevue

Raphaël Confiant, vit en Martinique, une île qu’il aime et qui l’a vu naître au début des années cinquante. Son enfance passée au cœur de la société traditionnelle créole, habitée de plantations de sucre, de distilleries qui fument et de cérémonies hindoues l’a profondément marqué. Ses origines complexes le mèneront tout droit à la défense acharnée de la créolité. Son engagement sera multiple : associatif, syndicaliste, politique, journalistique et littéraire. Raphaël Confiant est aujourd’hui l’un des chefs de file des lettres antillaises aux côtés de Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau avec qui il cosigne Éloge à la créolité (Gallimard, 1990) et Lettres Créoles (Hatier, 1991). Avant d’être l’auteur francophone que l’on connaît, révélé au public avec Le Nègre de l’amiral (Grasset/ prix Antigone 1988) et Eau de café (Grasset, prix Novembre 1991), il publiait ses romans et nouvelles à compte d’auteur en langue créole. Depuis maintenant près de vingt ans, il écrit en français, désarticule la « langue des maîtres » et la créolise. Toujours au combat, écrivant jusqu’à deux livres par année, dont parmi les plus récents La Lessive du diable (Serpent à plumes, 2003), La Panse du chacal et Adèle et la pacotilleuse (Mercure, 2004 et 2005), il poursuit aujourd’hui une double carrière d’écrivain et d’universitaire.


PIERRE DANSEREAU
 

 

Trésor vivant de la nation


Entrevue

Pierre Dansereau, acteur de premier plan et témoin d’un siècle qui a vu l’Amérique basculer dans la modernité. Éminent scientifique, sommité mondialement reconnue en géobotanique et en biogéographie, humaniste, pionnier de l’écologie et grand spécialiste des sciences sociales de l’environnement, il publiait en juin dernier un ouvrage remarquable, s’abreuvant à la science mais non scientifique, le premier volume de son autobiographie, Projets inachevés – La lancée 1911-1936, aux ÉDITIONS MULTIMONDES. Cet homme solide comme le roc, qui à quatre-vingt dix ans passés dirigeait toujours des étudiants, donnait des consultations, des conférences, des séminaires et écrivait des articles, est aussi un grand éducateur qui a largement contribué à sensibiliser l’opinion publique à la crise environnementale et au développement durable. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de grande portée scientifique dont, entre autres, Biogeography, an Ecological Perspective (1957), Contradictions & bioculture (1964), Challenge for Survival. Land, Air, and Water for Man in Megalopolis (1970), La Terre des hommes et le paysage intérieur (1973), Harmonie désordre dans l’environnement canadien (1975), L’envers et l’endroit : le désir, le besoin et la capacité (1994). Il a été lauréat des Prix Athanase-David (1959), Molson (1974), Marie-Victorin (1983) et Isaak Walton Killam (1985) et a été nommé en 1992 Grand Officier de l’Ordre national du Québec. En 2001, il recevait la plus haute distinction honorifique canadienne en étant admis au Panthéon de la science et de l’ingénierie, logé au Musée des sciences et de la technologie du Canada. Son œuvre est unique et impose partout le respect et l’admiration. Prendre un pseudonyme féminin pour publier, c’était de la part d’un officier supérieur de l’armée algérienne qui vit dans une société intolérante, un trait de génie.

 


Yasmina Khadra

 
 

Sous les règnes de l’intégrisme


Entrevue

Contraint pour sa sécurité à garder l’anonymat, Mohammed Moulessehoul, alias Yasmina Khadra, se démasque en janvier 2001 à la publication de son livre l’Écrivain alors qu’il a rejoint la France avec sa famille. Cette révélation suscitera dans la presse un important débat. L’écrivain est un militaire. Qui plus est, dans cette armée dont on dit qu’elle partage la responsabilité dans les massacres qui endeuillent l’Algérie. Il s’expliquera par le menu détail dans L’Imposture des mots (2002) qui par ailleurs recevra la médaille d’or de l’Académie française. Prévoyant n’écrire que des fictions, ses premiers livres publiés en France — Moritori (1997), Double blanc (1998) et L’Automne des chimères (1998) — forment une trilogie policière vouée à la dénonciation de l’intégrisme et de ses effets dévastateurs. À la suite des Agneaux du Seigneur (1999) et À quoi rêvent les loups (2000), il publiera en 2002 son plus grand succès littéraire, Les Hirondelles de Kaboul, qui lui vaut le Prix Asie de l’Association des écrivains de langue française. Il s'attaque avec brio à deux sujets d'une brûlante actualité : le terrorisme et le conflit israélo-palestinien. À la deuxième sélection, son plus récent roman, L’Attentat (2005), publié comme ses précédentes œuvres chez JULLIARD, est toujours en lice pour le prestigieux prix Goncourt.

 


Alexandra Larochelle

 

 

 

Un véritable conte de fée

Alexandra Larochelle publie chez TRÉCARRÉ, La Clé de l’énigme (2005), troisième tome d’une saga fantastique, débutée à l’âge de neuf ans et publiée à l’aube de ses onze ans. Au détour de sa quatrième année et d’un projet scolaire, sa vie d’enfant ne sera plus jamais la même. Sans contrainte de longueur imposée, elle laisse enfin dériver son imagination dans le récit d’une histoire peuplée de créatures étranges. Au-delà de l’univers (2003) est né. Avec fierté, ses parents impriment et relient une cinquantaine d’exemplaires pour l’offrir en cadeau. L’année suivante, les Éditions du Trécarré lui donne sa première chance : son second roman, Mission périlleuse en Erianigami (2004), voit le jour au Salon du livre de Montréal et se voit retenu pour le Prix des abonnés du Réseau des bibliothèques de la ville de Québec — catégorie jeunesse. Sa vivacité d’esprit séduit tous ses interlocuteurs. À douze ans, toujours un livre en cours de rédaction et des idées plein la tête, l’avenir s’ouvre tout grand devant elle!

 


MICHAEL MORPURGO
 

 

Écrivain-fermier à l’itinéraire peu banal  

Jouissant d’une très grande renommée en Grande-Bretagne, Michael Morpurgo est l’un des plus grands auteurs actuels de littérature jeunesse. Il écrit pour l’enfant en lui, l’adolescent qu’il a été et l’homme de soixante ans qu’il est devenu. Remarqué en 1982 avec la publication de Cheval de guerre, il choisit dès lors de se consacrer à l’écriture et aux enfants en difficulté. Convaincu de la place à donner à la mémoire dans la construction de l’identité, il ne ménage pas ses lecteurs. Toutes ses aventures se déroulent sur un fond historique, précis et bien documenté. Son roman Soldat Peaceful (2004), à travers lequel il tente de réhabiliter ces soldats de la Première Guerre fusillés souvent injustement. À ce jour, il a écrit près d’une centaine de romans plus passionnants les uns que les autres, traduits en vingt-six langues et couronnés par de nombreux prix littéraires, qui tous ont été publiés chez GALLIMARD JEUNESSE. Déjà en possession d’un Award pour la littérature jeunesse, il a remporté en mai 2003 le troisième Children’s Laureate qu’il a lui-même contribué à créer en 1998 avec son ami, le poète Ted Hughes. En 2004, il était nommé par le gouvernement français Chevalier des Arts et des Lettres.

 


JEAN-FRANÇOIS SOMAIN
 

 

L’écriture pour pays 


Entrevue

Sa naissance à Paris, son enfance à Buenos Aires, son adolescence à Montréal marqueront à tout jamais son destin. Jean-François Somain est un grand voyageur. Et les pays qu’il visite ou habite pour son travail, qui n’est pas toujours celui de l’écriture, lui serviront à planter les décors de son œuvre. Il porte autant de noms de plume qu’il affectionne de villes d’origine. Depuis 1966, il a publié quarante-quatre ouvrages et plus de quatre-vingt-dix nouvelles, essais, articles et textes divers dans des revues, des recueils, des anthologies au Québec, en France, en Belgique et au Japon. Économiste de formation, diplomate de fonction (aujourd’hui retraité), passionné d’histoire, il est aussi romancier, conteur, nouvelliste, poète et dramaturge. Il s'intéresse à toutes les formes littéraires, la fiction réaliste et la poésie, le théâtre et la nouvelle, le conte fantastique, la science-fiction, le roman d'aventures et la littérature jeunesse

 


LOUISE TREMBLAY D’ESSIAMBRE
 

 

 

Entre mère et mots


Entrevue

L’œuvre de Louise Tremblay-D'Essiambre se déploie sur une vaste gamme des genres littéraires, sonde avec un grand souci de vérité les joies et les malheurs de nos vies d’hier et d’aujourd’hui. Auteure de romans populaires, inspirée par la richesse de l’expérience humaine, elle est estimée du public pour sa sensibilité, sa polyvalence, sa grande curiosité et l’amour qu’elle insuffle à chacun de ses personnages, fictifs ou réels. Mère d’une tribu de neuf enfants, elle partage sa vie entre famille, écriture et peinture, autant de passions qu’elle se plaît à fondre dans ses livres. Le Tournesol, son premier roman réédité depuis sous le titre de La fille de Joseph, a paru en 1984. Mais sa carrière littéraire débutera réellement dix ans plus tard à la publication de Entre l’eau douce et la mer (1984), un voyage intérieur empreint de douceur. Depuis cette date, seize autres romans, tous publiés chez GUY ST-JEAN ÉDITEUR. Formidable conteuse au souffle long, elle écrit coup sur coup deux grandes sagas familiales : Les Années du silence (de 1995 à 2002), publié en six tomes et aujourd’hui relié en coffret et, plus récemment, Les Sœurs Deblois.